L'Esparge Réagit

En réaction à l’article de presse paru le 28 octobre dernier dans l’Est Républicain  - « Le journal de Bar-le-Duc – page Saint-Mihiel », L’Esparge réagit vivement au projet touristique initié par Stéphane Bubel (« Monsieur VTT, producteur de films pour les télévisions européennes »), l’association Zentao Events et les vététistes « Les têtes brûlées ».

De quoi s’agit-il ?

Arguant du fait que le Centenaire de la Grande Guerre va bientôt s’achever, les porteurs du projet cités plus haut proposent d’attirer les touristes passionnés de VTT (notamment nos voisins d’outre-Rhin) en leur proposant l’expérience « unique de rouler dans les tranchées de la Première Guerre mondiale » en suivant un parcours balisé de 400 km exceptionnel ! Un comité de pilotage est en cours d’élaboration afin d’obtenir le label des autorités concernées, à savoir le Département et le CDT.

Comment peut-on envisager de sacrifier un authentique patrimoine mémoriel au profit d’un intérêt ludique, sportif et financier ?

Comment peut-on suggérer que des centaines de vététistes sillonnent les tranchées si fragiles dans lesquelles nous nous aventurons toujours avec respect aux côtés des visiteurs venus en Meuse pour les découvrir, qu’ils soient scolaires ou touristes de mémoire ?

Comment ne pas être attristé de voir nos sites de mémoire déjà bariolés de tâches fluorescentes rouges, orange, jaune… destinées à guider les aventuriers du vélo, ou de voir les entonnoirs de mines pris d’assauts par les mêmes sportifs ravis d’éprouver d’étonnantes sensations ?

Et enfin, comment ne pas garder à l’esprit que là où il y a des tranchées, des trous d’obus et des entonnoirs de mines, il y a eu combats, il y a eu mort d’hommes, et que leurs corps sont encore là, enfouis sous la terre, et qu’à ce titre elle est sacrée !

Poursuivre un tel projet, c’est faire fi de tout le travail de valorisation et de préservation de notre patrimoine mémoriel pour lequel de nombreuses associations se sont mobilisées, y compris L’Esparge, mais aussi les pouvoirs publics, notamment le Conseil Départemental de la Meuse et la Mission du Centenaire, le Souvenir Français, les CODECOM et communes de notre territoire.

L’Esparge n’attend rien pour elle-même dans cette prise de position, elle le fait au nom du patrimoine laissé par ceux que le pays tout entier a honorés pendant ces quatre années du Centenaire. Nos chers Poilus seraient choqués d’apprendre avec quelle légèreté nos contemporains envisagent de gérer cet héritage historique qui résonne encore de leur souffrance et de leur héroïsme.

Il y a bien d’autres manières d’envisager le tourisme en Meuse après 2018 sans offense ni dégradation du paysage mémoriel !  Il y a une limite à l’indécence qu’engendre l’ignorance.

 

                                                                          

                                                                            Patricia Pierson

                                                                            Présidente de L’Esparge