les Eparges
Histoire

Les Eparges est un village situé dans les Côtes de Meuse, au  pied  d’une  crête  qui  surplombe  la  plaine de la Woëvre. Figurant déjà au XIème siècle parmi les possessions de l’abbaye de Saint-Maur de Verdun, son nom vient du bas latin « barricum » qui a donné en français « parge », c’est-à-dire clôture pour moutons. Par déformation il est devenu Esparge, L’Esparge, les Eparges. Il est traversé par le Longeau qui prend sa source à côté de Dommartin-la-Montagne.

La Crête des Eparges est un remarquable observatoire qui représente un enjeu stratégique. Les Allemands s’en emparent le 22 septembre 1914. Sa reconquête par les Français débute le 17 février 1915, engendrant des pertes considérables avec une nouvelle forme de combat : la guerre des mines. Parmi les écrivains-combattants qui ont enrichi la littérature de guerre de leurs récits sur les combats des Hauts de Meuse, il en est un, Maurice Genevoix, dont l’œuvre poignante intitulée « Ceux de 14 » a gravé dans la mémoire collective le nom des Eparges.

Lorsque la guerre s’achève, il ne reste rien du village. Son histoire aurait pu en rester là, mais son destin a quelque chose d’exceptionnel dont le récit mérite d’être connu.

En 1919, lorsque les premiers villageois reviennent aux Eparges, tout n’est que ruines et la terre est jonchée de cadavres et d’obus. Le paysage est lunaire. Toutefois cinq familles accompagnées de leur curé, l’abbé Tripied, relèvent le défi et s’installent dans des baraques en bois louées par le Ministère des Régions libérées, les « baraques Adrian ». Ils font preuve d’un courage remarquable car les ressources sont inexistantes et les dommages de guerre font l’objet d’une procédure longue et complexe…

Devant tant d’épreuves, un élan de solidarité secoue la France, jusque dans les plus modestes communes comme ce petit village du Doubs, Le Barboux, qui offre 10 000 francs aux habitants des Eparges pour les aider à reconstruire leur village. C’est un premier réconfort auquel s’ajoute de façon providentielle le don d’un riche hollandais, Monsieur Andries Van Wezel. En décembre 1920, ce diamantaire établi à Amsterdam, décide avec son épouse d’offrir 500 000 francs à la commune des Eparges, en mémoire de Paul Robert Dreyfus, le fils de leurs amis tué dans les combats du 16 octobre 1915. Emporté brutalement par un infarctus, M. Van Wezel n’a pas la joie d’assister à la pose de la première pierre du village. La rue principale des Eparges, inaugurée en avril 1923, porte son nom et une plaque en émail  apposée sur le mur de la mairie rappelle sa mémoire. Au cœur du village, l’église relevée de ses cendres est bénite solennellement le 2 avril 1929 par Mgr Ginisty. Modeste mais très emblématique de la période de la Reconstruction, l’église Saint-Martin des Eparges renferme en son sein une émouvante chapelle des ex-voto et des vitraux offerts par des pèlerins des tombes.

 

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